L’association T’HANDI QUOI propose depuis Février 2017 une colocation pour 3 personnes en situation de handicap, comment cela fonctionne-t-il au quotidien ?

Au quotidien ce sont 3 personnes qui vivent en colocation, dans leur logement. Leur emploi du temps est pensé selon leurs envies. Ainsi, chaque colocataire a un emploi du temps particulier. En plus des temps liés à la vie quotidienne, ils ont différentes activités : Centre d’Accueil de Jour, faculté, club de sport, médiathèque, Groupe d’Entraide Mutuelle, bénévolat au Secours Populaire …

Les personnes vivants dans ce logement sont dépendantes, ainsi des auxiliaires de vie les accompagnent 24h/24 dans tous les actes de leur vie quotidienne (activités, repas, toilettes…).

Les colocataires paient eux-mêmes leur loyer et les charges liées à leur vie quotidienne et c’est la PCH (NDLR: prestation payée par les Conseils Départementaux en France) qui finance l’équipe d’auxiliaires de vie.

Pourquoi ce choix hors des schémas institutionnels ?

Le souhait de ne pas vivre en institution mais dans un domicile personnel vient au départ d’un des colocataires. Il a exprimé sa volonté de vivre en colocation. Lui (et leur) permettre de vivre au plus près de tout un chacun, quitter le domicile parental pour vivre en colocation à l’instar de nombreux jeunes de leur âge. Rester dans le droit commun permet éthiquement, d’inclure les personnes au cœur de leur ville et, pratiquement, de ne pas subir la lourdeur institutionnelle qui règne parfois dans ce milieu.

Qui sont les initiatrices de l’association ?

Léa Gauthier (sœur du colocataire en question et présidente de l’association) a réuni des amis autour de cette question : quels choix de vie sont aujourd’hui possibles pour les personnes en situation de handicap ?

Nous avons alors constitué un groupe de 6 – 7 personnes qui s’est réuni, tous les mois depuis 4 ans, pour réfléchir ensemble aux solutions possibles, à une alternative entre la vie au domicile familial et la vie en institution.

Quel est l’enjeu des aidants familiaux dans un projet de ce type ?

Pour les aidants familiaux, il s’agit de trouver une solution de vie durable pour leur proche. Bien qu’ils soient encore sollicités dans différentes démarches, les aidants retrouvent peu à peu leur place initiale, celle de parents, de frère ou de sœur, détachés de l’accompagnement quotidien…

Pensez vous que ce type de dispositif va se développer dans l’avenir ?

Absolument ! Je pense que notre société est peu à peu en train de comprendre qu’une personne handicapée n’est pas qu’une personne dépendante et coûteuse à la société mais qu’elle apporte également de multiples et somptueuses choses, inquantifiables…

Selon moi, ce n’est qu’en permettant aux personnes en situation de handicap de vivre au plus proche de leurs envies, au cœur de leur ville, en ayant une place digne, que leur différence pourra servir à tous… Je crois que la société comme le monde politique commence peu à peu à comprendre que la vie institutionnelle ne peut être une solution pour tous, qu’il y a d’autres solutions à inventer.

Quels sont selon vous les besoins des aidants familiaux pour les 30 prochaines années ?

Les aidants familiaux ont besoin de soutien. Ils ont besoin que les solutions pour faire face à la lourdeur de l’accompagnement de leur proche viennent à eux alors, qu’à l’heure actuelle, c’est à eux de trouver les solutions ! Ils ont besoin de retrouver leur place dans leur famille et de ne pas avoir tous les rôles (infirmier, éducateur, auxiliaire…).

Nous devons multiplier les possibles. Inventer de nouvelles solutions de vie pour les personnes en situation de handicap. Plus il y aura de choix dans les modes de vie possibles, plus les personnes pourront avoir une place digne, moins les aidants familiaux s’épuiseront…

Association T’HandiQuoi
35 rue George Sand
91120 PALAISEAU

06 52 05 70 79
http://www.thandiquoi.org/

La coloc’ en vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=zAP5WrKPRDk

La coloc’ en photo : https://www.youtube.com/watch?v=r4LJapuYrEI