Les 10 commandements de l'aidant

Les 10 commandements de l’aidant

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  • Jamais tu ne t’oublieras pas

    Prendre soin de soi avant de prendre soin de l’autre. Vous êtes au centre et l’univers gravite autour de vous : vos projets sont aussi importants que votre proche.

  • Ta monture tu ménageras

    Vous démarrez une course de fond, vous devez vous préserver dans ce long parcours, en vous fixant des objectifs irréalisables ou irrespectueux des rythmes de chacun. Faites avec votre proche, à son rythme et sans céder à la pression sociale, et sans vous culpabiliser si vous n’avez pas atteints vos objectifs aux moments voulus.

  • Positivement tu penseras

    Choisissez résolument la bouteille à moitié pleine. Prenez un carnet et notez ce qui vous a fait du bien dans la journée, qui ou quoi vous a été bénéfique aujourd’hui. A quels progrès vous avez assistés ? Ce que vous avez aimé et appris ? Quelles activités ou moments vous souhaiteriez mettre en place rien que pour vous dès demain ?

  • La parole tu libèreras

    Peu importe la modalité, il vous faut trouver un moyen et un espace afin d’exprimer vos sentiments, vos peurs, vos tristesses, vos ras-le-bol. Choisissez ce qui vous convient le mieux : groupe de paroles, thérapies, amis, forums ou réseaux sociaux… Dire les choses soulage et permet de voir la situation sous un autre angle.

  • Te faire aider tu accepteras

    Vous voulez vous faire aider et en même temps, vous refusez l’aide que l’on pourrait vous proposer. Par crainte de s’épancher ? Par méfiance ? Par culpabilité? Par peur de perdre le contrôle de la situation ? Par la nécessité de vous sentir utile? Quelles qu’en soient les raisons, lâcher du lest vous permettra de ne pas vous noyer dans les obligations jusqu’à vous vous asphyxier et vous épuiser.

  • Ta place tu garderas

    Gardez la place que vous aviez à l’origine avec votre proche : celle de parent, de conjoint, d’enfant… Que vous occupiez de lui ou d’elle, c’est normal. Mais, n’endossez pas un rôle qui n’est pas le vôtre et auquel vous vous identifieriez à tort, au risque de vous oublier et de perdre votre identité : soignant, aide-ménagère, psychologue…

  • Parfait personne ne sera

    Chacun fait ce qu’il peut avec ce qu’il est et avec ce qu’il a. Chacun a sa manière de faire. Déléguez et acceptez l’idée que les autres ne feront pas comme vous. Cela est envisageable si vous respectez vous-même vos propres limites : fatigue, coup de blues, tristesse. Ce qui est vrai pour vous, l’est aussi pour les autres.

  • L’autonomie tu favoriseras

    Vous souhaitez alléger les difficultés, la souffrance physique ou morale de votre proche. La tentation est grande de vouloir tout faire, tout assumer pour lui faciliter la vie, la lui rendre plus douce, plus supportable. C’est spontané, cela vient du cœur. Il n’y a rien à redire sur ce principe. Mais cette tentation de faire à la place de l’autre et de penser gagner du temps est un piège : il n’est pas sûr que cela porte ses fruits. Comment ça ? Parce que plus vous en faites, moins vous faites de place à votre proche et lui donnez la possibilité de se rendre compte de quoi il est toujours capable.

  • De la situation tu te moqueras

    Oui, c’est dur. Oui, ce n’est pas facile tous les jours. Vous peinez. Vous faites ce que vous pouvez. Il y a des couacs, des grains de sable qui grippent les rouages de votre organisation, mettent à mal vos objectifs, usent votre volonté, vous épuisent physiquement et moralement. C’en est trop ! Et si vous preniez le parti de prendre le contre-pied, d’en rire et même de vous en moquer. De vous moquer de cette situation absurde dans laquelle vous vous mettez peut-être la pression pour que tout soit parfait. De vous moquer des injonctions, des « qu’en dira-t-on », des regards de travers, des difficultés, de trop de sérieux, de trop d’obligations, de vos travers, de vos doutes, de vos attentes… Il y a toujours des moments cocasses, imparables, tellement « trop » que cela en devient drôle. Sachez les retenir et les garder avec vous.

  • Du répit tu planifieras

    Dans la vie « normale », tout le monde a besoin de trouver un sas de décompression pour souffler, reprendre des forces pour mieux repartir. Des moments « off » qui permettent de se déconnecter du quotidien, de penser à autre chose. C’est habituellement le rôle que jouent les vacances… Que les aidants s’accordent peu ! Parce qu’ils ne se l’autorisent pas, alors que c’est indispensable ! Oui, il faut savoir faire « pause » pour recharger les batteries et repartir dans les meilleures conditions possibles ! Savoir vous écouter quand vous avez atteint vos limites est nécessaire. Parfois, certains dépassent leur seuil d’acceptation et c’est la crise qui survient. Nul besoin d’atteindre ce seuil « d’explosion » pour vous arrêter. Les plages de repos, ça se prépare. Des solutions existent un peu partout pour accueillir votre proche de façon temporaire ou permanente, de l’auxiliaire de vie qui vous soulage au quotidien, aux accueils en journée pour vous laisser le temps de faire ce que vous voulez, aux séjours de vacances planifiés avec ou sans votre proche (dans des lieux d’accueil adaptés).