IL-FALLAIT-QUE-JE-TIENNE

Il fallait que je tienne

Géraldine a 38 ans. Maman d’une petite fille, elle est chargée de mission pour une PME. En parallèle de sa vie professionnelle, elle accompagne Pierre, 39 ans, son mari, atteint de sclérose en plaque. Pour l’accompagner au quotidien, elle a revu ses objectifs professionnels à la baisse, obtenu de sa direction de changer de poste, un aménagement des horaires et réduit son temps de travail à 80% pour caler son emploi du temps sur les besoins de son mari. Avant cela, elle a gardé le silence sur sa situation pendant un an.

« Je ne voulais pas qu’on me stigmatise. Il fallait que je tienne. Je voyais l’entreprise comme un monde de requins dans lequel il ne faut montrer aucune vulnérabilité », se souvient-elle.

La pression est trop élevée, la jeune femme se montre de moins en moins efficace. Sa direction la convoque : elle ne tient pas ses objectifs. Elle ne parle toujours pas de sa situation. A bout, elle craque. Son médecin la met en arrêt maladie pendant deux mois.

« J’étais sur la brèche au quotidien. Je jonglais avec mes obligations sans répit », soupire-t-elle.

A son retour, elle profite d’un entretien individuel d’évaluation pour parler de ses difficultés à sa responsable et trouver des solutions.

« J’ai pris conscience que le fait de ne pas en parler m’a mise encore plus en difficulté et que ma direction ne mesurait pas les problèmes dans lesquels j’étais », dit-elle.

Elle fait donc comprendre qu’elle a besoin de plus de temps et de flexibilité. Elle « troque » alors son poste de manager pour un poste sans équipe à gérer. Un soulagement.

« J’ai appris ainsi à m’économiser et mettre mon énergie là où elle doit être, auprès de mon mari et ma fille. Cependant, je ne me vois pas arrêter de travailler. Mon boulot me permet de penser à autre chose que la maladie, de garder la tête hors de l’eau, d’avoir une vie sociale mais aussi une sécurité financière. »